112. « Tout au fond du cimetière de Montmartre, une tombe porte un lierre, un aucuba et un sureau »

Découvert que Sambucus est le nom latin pour dire sureau. Pensé tout de suite à la Sambuca, même si je ne garde pas le souvenir d'en avoir jamais bu. Une petite recherche m'a permis d'apprendre que le mot n'est pas dans le dictionnaire, mais en fouillant sur l'Internet, j'ai pu confirmer mon intuition. Facile, me direz-vous et vous aurez raison, mais je n'y avais pas pensé. Comme quoi je sonde tous les jours la profondeur de mon ignorance. Dans le Robert, il n'y a pas « sambuca », mais « sambuque », mot dérivé de sambuca, c'est un instrument de musique à cordes pincées, sorte de harpe de la Grèce antique. Et comme quoi s'intéresser aux noms latins des fleurs et des plantes n'occupe pas seulement une fonction décorative, et encore mois futile et inutile dans un texte. Ça met au contraire sur la piste de fabuleuses associations sémantiques, et d'idées :

La sambuca une liqueur italienne dont l'ingrédient principal est le sureau. Elle contient aussi de l'anis. Le nom de cette boisson vient du mot latin sambucus, [...]. La sambuca est bue aussi bien en apéritif qu'en liqueur, souvent servie flambée avec des grains de café entiers.

[Source : Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre].

De la famille des Caprifoliacées, le sureau fait le bonheur des jardiniers, des guérisseurs et des gastronomes depuis la nuit des temps. L'arbuste pousse à l'orée des bois, dans les clairières, le long des ruisseaux et des fossés, des clôtures et des voies ferrées. Ses sucrés et juteux petits fruits noirs sont si nombreux et si lourds que les branches ploient souvent jusqu'au sol. Les fleurs se mangent. Les fruits aussi, mais il faut faire très attention, s'informer avant de vous en gaver en allant vous promener dans les bois pendant que le loup y est pas.

Parce que le bois et les fruits verts sont toxiques, sauf que ça dépend de la variété de sureau, blanc, rouge ou noir. Par exemple, le sureau blanc qui pousse ici produit des glycosides cyanogénétiques et une substance cathartique [source : Système canadien d'information sur les plantes toxiques à www.scib.gc.ca].

Quant à mon silence des derniers jours, je crois bien que son étiologie et ses effets ne sont pas toxiques. Le ciel brille trop bleu pour se plaindre. Je prendrai le temps de regarder les belles images du sureau de Montmartre, signées Pierre Duhem [www.macdisk.com/galerie/sureau.fr.php], découvrir le miellat [quel magnifique mot], et l'activité des coccinelles et pucerons dans les feuilles et les branches.