63. shandy

Noter avant de l'oublier que l'écriture ce n'est rien si ce n'est de la chair, du sang et des ampoules sur les doigts.

Chaque jour un peu plus heureuse, et tourmentée parfois, avant que l'aube ne blanchisse tout à fait. Enchanteresse et douce folie. Je me lève à cinq heures du matin avec le soleil pour lire Vie et Opinions de Tristram Shandy Gentilhomme, de Laurence Sterne. Chercher cette phrase sur l'Hellébore qui me fut soufflée quelque part dans le bidule à commentaires, en souhaitant que je sois tombée sur le bon Shandy.

Je me recouche un peu vers six heures et quart sans réussir à me rendormir. Mais, voluptés. Me relève pour manger une orange et une banane trop mure, faire le café. Je replonge dans Sterne, tête première. Alex marche sur la pointe des pieds. Et je m'ennuie de Ferdinand-Maximilien. Il fera soleil.

Ce ne sont pas des victoires
que je chante
je n'en ai pas,
mais le soleil qui brille pour tous,
la brise,
les largesses du printemps.

Non la victoire,
mais le travail quotidien accompli
du mieux que je pouvais ;
non un siège sur l'estrade,
mais à la table commune.

C'était une autre fois le Te Deum de Reznikoff.