35. les luminous

Ici, dans un encadré noir de 3 pixels, je mettrai une photo de luminou quand j'aurai retrouvé ma petite camera numérique qui se ballade encore je ne sais où.

Connaissez-vous les luminous ? J'en ai toujours un ou deux avec moi, au cas où. Et ceci est une longue histoire, mais ce soir, je vais la faire courte.

J'imagine que le meilleur de cette vie c'est quand vous n'attendez plus rien. Un jour donc, vous n'attendez plus rien de personne ni de rien, sauf peut-être un peu la chaleur du soleil et les caresses frileuses de la pluie et les floconneux frissons de la neige. Et la musique. Et les feux du corps qui ne font pas mal.

Et ce jour-là, et les jours après - si le meilleur se poursuit - se mettent à pleuvoir sur vous les quelques rares illuminations qui se puissent apercevoir en ce monde.

Les illuminations, les vraies, se comptent sur les doigts de votre pied gauche, celui avec la chevillère dorée.

Mais il y en a une qui catapultera toutes les autres dans le monde des choses inutiles : avoir soudain le sentiment d'être passé à côté de tout ce que vous avez vécu. Et de ne pas avoir été là autrement que pour regarder avec votre feu intérieur, dévorant comme un dragon rouge et vert en papier [qui crache le feu pour vrai], les choses arriver. Juste à côté, occupé que vous étiez à les contempler dans toute leur beauté. Ou à les écrire. Et un bon jour vous vous retrouvez intérieurement plongé dedans, alors que toute cette vie-là est derrière, comme une lampe accrochée dans votre dos. Pauvres luminous.