279. je sais

Je sais. Je sais bien que c'est l'automne avec son cortège de petits et grands vents du nord frisquets, ah, l'automne et son gris mois de novembre, tout le monde en parle, et moi, je pourrais vous broder quelques pages à ce sujet, mais c'est non. Pas cette année, je sauterai mon tour. Tant pis. Je sais aussi que j'aurais peut-être envie de vous entretenir longuement et de manière poétique et au plus que parfait subjonctif des si jolis flocons de neige qui eussent pu me caresser le bout du museau hier matin à l'aube si Lady A. s'était levée de bonne heure. Mais voilà, je vais là aussi sauter mon tour et laisser à d'autres l'insigne plaisir de vous relater la magie de la première neige sur Montréal cette année. Tant pis. Javèkapa être malade.

hibiscus, le 10novembre2004

J'ai plutôt envie de vous raconter l'histoire d'un hibscus têtu qui n'a pas fleuri de l'été [c'est la deuxième fois que ça m'arrive une histoire pareille – croyez-vous que j'ai un karma avec les hibiscus? – l'autre était rose et il ne fleurit plus du tout], ses fleurs, avant qu'il ne se mette à l'abstinence, étaient d'une superbe couleur pêche avec des taches d'un beau rouge sang de boeuf au fond du coeur. Cet animal en a profité pour accoucher d'un gros bourgeon [ou bouton ?] pendant que j'étais malade. Bourgeon que vous pouvez admirer à l'extrême gauche, sur ma photo un peu croche. Pas de mea culpa, c'est lui qui pousse de travers.

Mais si je veux que la fleur de l'hibiscus fleurisse, il y a deux questions préalables à se poser : 1/ faut-il que je retourne au lit, malade ? Et si oui, 2/ avec qui ? Parce que toute seule, j'ai déjà donné, merci.

Ceci dit, je vais beaucoup mieux. C'est fou ce que ça fait du bien d'être malade. Je me sens encore un peu fébrile, fragile. Et en même temps j'ai de l'énergie à revendre. Dévalisé les boutiques de lingerie fine à l'heure du lunch. Déniché des trésors de sous-vêtements et de pyjamas au look un peu Shéhérazad à cause des tissus soyeux, des dentelles délicates, et surtout des couleurs de style mille et une nuits. Le pire c'est que l'envie me prend de tomber en amour et pour une fois, avec un type bien, simple, ordinaire, bref doué d'un réel talent pour le bonheur [et un petit peu fou, tout de même]. Je sais, c'est pas le printemps.