267. die in

Je suis allée seule à la manif, mais pas toute seule. Vous étiez là, nombreux avec moi. J'ai finalement reçu, dans la nuit et la matinée, des messages de plusieurs personnes qui ne pouvaient pas venir, et qui ont offert de m'accompagner avec le coeur et la pensée. Merci d'avoir été là, tous. Sachez je vous ai gardé une place à mes côtés. C'était génial.

Et puis j'ai emmagasiné des impressions, encore des mots, et plusieurs images. Après la marche, je me suis glissée parmi les paparazzi et fait clic clic sur le groupe qui marchait en avant, comme pour annoncer un ailleurs vide, et grave. Un flottement.

Et j'ai surtout pensé à vous quand je me suis couchée par terre avec tout le monde à la fin, pour le die in, sur le gazon déjà jauni du Square Émilie Gamelin. C'était émouvant. J'ai eu ce flash des gens qui se couchent par terre sur les Places des grandes villes, et posent pour le photographe Spencer Tunick. J'en ai vue une exposée devant la Place des Arts au printemps. Ce die in m'a rappelé les corps nus de la photo. Dans les couloirs de la mort, on doit se retrouver encore plus nu. Et tellement trop seul.