266. violoncelle solo

Dans toutes circonstances, les choses difficiles passent mieux avec la musique ; ce soir, c'est Mahler. Quelques « je serai avec toi par la pensée » [d'outre-Alantique] et pas du tout de « je serai là avec ou sans toi » [de Montréal-Québec] à mon invitation d'hier. Et tous ceux à qui j'en ai parlé face à face dans la vraie vie n'ont pas réagi non plus. Sauf à me dire : ben quoi, il est réglé ce problème, on l'a abolie la peine de mort ici, et en sous-entendu : qu'est-ce que tu as à t'agiter comme ça pour le reste du monde.

Le reste du monde, c'est mon monde. C'est pour ça. Et pour ça que je tiens à vous dire aussi que vous êtes pas SI pire de ne pas m'avoir écrit pour venir à la manif avec moi. Comme quoi la vie virtuelle se calque et se cache en dessous des insoutenables légèretés de l'autre, celle qui mène à la mort pour vrai. C'est pas grave. Rien ne m'empêchera d'agir en mon âme et conscience pour cette cause. Les efforts qui restent à faire pour lutter contre la peine de mort dans le monde, pour des hommes et des femmes qui ont autant que vous et moi le droit de vivre, d'autres que vous les feront. Continuez de faire comme si le droit de toute personne humaine à la vie, comme si les plus grandes questions morales ne vous concernaient pas [voyez mes maigres et ultimes tentatives de culpabiliser et de manipuler ? beurk]. Je renonce à vous convaincre.

De mon côté, RIEN, et vous avez bien lu, RIEN, et surtout pas votre plus froide indifférence, et votre plus profond silence, RIEN ne m'empêchera de garder intact ce pur et innocent désir que le monde entier arrivera un bon jour plein de soleil [ou de glorieuse pluie] à se secouer, à se réveiller, et mettre fin – enfin – à sa bordélique tuerie [pour rien].