252. envol

oiseau noir, le 19.09.04

Il y a de plus en plus d'oiseaux qui viennent se poser tout près de la maison, sur les grosses roches grises, rouges ou brunes qui ont été jetées sur la plage par quelque vieux glissement de terrain. Je pense que les oiseaux commencent à s'habituer à ma présence. J'essaie de ne pas faire trop de bruit. Les oiseaux aiment le silence. Moi aussi, j'en ai besoin. De plus en plus.

J'ai aperçu celui-ci ce matin. Je l'ai observé longtemps avant de prendre ces photos. Au début il était de dos et avait la tête rentrée dans les épaules [?], et sans voir le cou, c'est fou, j'ai cru que c'était un petit pingouin. Impossible, pas de pingouin par ici, me disai-je. Et ensuite, le cou s'est allongé. Ça doit être une sorte de canard ou d'oie sauvage. Je suis contente d'avoir pu capter le tout début de son envol.

oiseau noir qui attend, le 19.09.04

Je lis Ségalen. Trop envie de vous citer un autre extrait des «Stèles face au Midi» :


Honorer les Sages reconnus ; dénombrer les Justes ; redire à toutes les faces que celui-là vécut, et fut noble et sa contenance vertueuse,
Cela est bien. Cela n'est pas de mon souci : tant de bouches en dissertent ! Tant de pinceaux élégants s'appliquent à calquer formules et formes,
Que les tables mémoriales se jumellent comme les tours de veille au long de la voie d'Empire, de cinq mille en cinq mille pas.

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Attentif à ce qui n'a pas été dit ; soumis par ce qui n'est point promulgué ; prosterné vers ce qui ne fut pas encore,
Je consacre ma joie et ma vie et ma piété à dénoncer des règnes sans années, des dynasties sans avènement, des noms sans personnes, des personnes sans noms,
Tout ce que le Souverain-Ciel englobe et que l'homme ne réalise pas.

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Que ceci donc ne soit point marqué d'un règne ; – ni des Hsia fondateurs ; ni des Tcheou législateurs ; ni des Han, ni des Thang, ni des Soung, ni des Yuan, ni des Grands Ming, ni des Tshing, les Purs, que je sers avec ferveur.
Ni du dernier des Tshing dont la gloire nomma la période Kouang-Siu, –

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Mais de cette ère unique, sans date et sans fin, aux caractères indicibles, que tout homme instaure en lui-même et salue.
A l'aube où il devient Sage et Régent du trône de son coeur.

oiseau noir qui prend son envol, le 19.09.04