232. sur la corde à linge

J'ai dit hier que je le ferais, je le ferai. Mais le coeur n'y est pas trop. C'est que je viens tout juste de réaliser que me voilà presque à la fin du volume 4 de ce journal commencé le 25 août 2003. Je vais donc préparer le volume 5 : avec un nouveau titre, une mise en page qui ressemblera sans doute comme une soeur jumelle à celles d'avant, tout cela pour continuer d'écrire si possible chaque jour, – pour d'autres yeux que les miens. Pour ça qu'il me faut un nouveau cahier-web. Celui-ci commence à être un peu trop rempli, il craque de partout. Le temps est venu de faire le Volume 5, pour inscrire le temps qui n'existe pas, avoir le courage d'être et d'avancer, soliloquer, partager. Il en sortira toujours quelque chose. La vie est pleine et ronde comme la lune et il y a plein de monde dedans. Il y aura toujours toutes sortes de monde à voir sur la corde à linge.

Voilà. C'était au chapitre VI de ses mémoires intimes, quand Simenon écrit une sorte de synthèse-litanie de ce qu'il a fait et vécu, sa soif de saisir la réalité et les belles et bonnes choses de la vie, des gens et des animaux, des lieux et des maisons, ce qu'il appelle sa « curiosité de tout ». Au deuxième étage d'un mastroquet que l'écrivain fréquentait, quartier Moufetard, le patron tendait des cordes sur lesquelles les vieux robineux « dormaient à la corde » : une vraie corde était tendue, devant eux, sur laquelle ils s'appuyaient pour dormir ; et le matin, quand le patron décrochait les rangées de cordes, la tête des dormeurs retombait sur la table. Boum, boum, boum. Réveillés. Et là il mettait tout ce beau monde dehors pour faire de la place à une clientèle plus payante. Je précise que je ne sais toujours pas si cette vieille histoire est à l'origine ou en lien quelconque avec l'expression « dormir sur la corde à linge ». Ça me plaît d'imaginer que oui. Je n'ai pas vérifié, pas eu le temps de chercher.