215. java gitane

Dimanche après-midi, 15 heures, et il dort encore. Pour faire une longue histoire courte, il sortit hier à cinq heures, comme la marquise, et débarqua chez-moi dix minutes plus tard avec son pack sac kaki bourré de vêtements, victuailles, livres, vodka, caviar, vins, ordi et téléphone portables, et sa grosse envie de festoyer comme un hussard. Tout ça sous prétexte que son appartement était squaté par des amis venus de sa lointaine Europe. Pauv'tit, il a été obligé de s'enfuir de chez lui comme un voleur pour avoir la paix, avec la grosse grêle et la pluie battantes et fouettantes sur le dos.

Une fois l'amant séché et bichonné aux bons endroits, j'ai décidé de le garder pour le traîner par la peau du cou faire des provisions de légumes, fruits et fromages au marché Jean-Talon, quelques secondes avant la fermeture. Après ça il ne me restait plus qu'à lui préparer dignement à manger et de passer un samedi soir de java gitane.

La nuit, je débranche. Le jour, j'écris. J'aime qu'il dorme pendant que je gribouille dans mon cahier. J'aime qu'il aime que j'aie besoin de solitude et de grandes plages silencieuses pour laisser les mots venir jusqu'à moi – et revamper ma page d'accueil. Patience, my love, votre chérie douce se refait une beauté.