204. on symphonia

Le ciel et le fleuve changent de couleur cinquante mille fois par jour.­ Ça donne envie de les peindre ad nauseam. Ou d'écrire ce que je vois en perdant une bonne fois pour toutes l'envie d'écrire des histoires avec des personnages qui ont l'air en chair et en os dedans. Parce que rien de ce que personne ne pourra jamais vivre ou ressentir ne dépassera en beauté et en tragédie les spectacles fabuleux que j'ai observés tout au long de cette journée. On and off.

J'ai fait des milliers de choses. Celles prévues et non accomplies hier. Et d'autres. Notamment les herbes et légumes du potager finement tranchés et placés avec du gros sel dans des bocaux stérilisés, les courses folles avec les chats, et sur le bord du fleuve, les longues marches sur les grèves avec des arrêts sur les gros rochers pour lire et souffler un peu, le travail dans le jardin, les mains dans la terre et ensuite dans les douces et violentes couleurs des craies pastel, et puis encore dans la terre et dans les herbes odorantes remplies de sève collante. Un fort joli tout petit papillon de nuit aux ailes dessinées avec du mauve et du noir, un peu de rose et du gris et aussi du violet vient de se poser sur l'écran de l'ordinateur. Pourquoi écrire ?

Malgré tout ça, j'ai pris le temps de faire la liste de ma musique de l'été, tel que projeté je ne sais plus trop quand :

Russian national Orchestra, Sergei Rachmaninov : Piano concerto no. 3 in D minor ; The Glenn Gould edition, J.S. Bach : ­Goldberg variations, Glenn Gould, piano ; Debussy Images, Arabesques - Berceuse héroïque, Zoltan Koesis, piano ; Pergolesi : Stabat mater, Christopher Hogwood ; Bet.e and Stef : Day by day ; Beethoven : Symphony No. 6 'Pastoral', Otto Klemperer ; Schubert : Complete Trios ; Battiato : Last Summer Dance ; Van Morrison : Moondance ; Sainte-Colombe et Marin Marais : Le Constant et l'Infidèle ; et finalement Laïs : Dorothea. Je passe sous silence les cd gorgés de mp3 copiés du temps de Napster, Kazaa et compagnie : Léo Ferré, Pauline Julien, Yves Montant, Charles Aznavour, Neil Young, Tori Amos, tout Leonard Cohen ou presque, les Stones, Genesis, Garfunkel, et j'en oublie - une vraie orgie.

Ce que vous pouvez voir dans mes yeux, ce que vous pouvez lire dans ce que j'écris, c'est tout ce que vous signifiez pour moi. Si vous cherchez, vous y verrez votre âme, vous y verrez votre coeur ; et si vous cherchez bien, un jour vous allez vous trouver et ce jour-là vous ne me verrez plus. Da da dam, dam da dam, Everything I do - I do it for you / Look into my heart - you will find / There's nothin' there to hide / Take me as I am - take my life / I would give it all I would sacrifice / Don't tell me it's not worth fightin' for / I can't help it there's nothin' I want more / Ya know it's true / Everything I do - I do it for you / There's no love - like your love / And no other - could give more love / There's nowhere - unless you're there / All the time - all the way / Don't tell me it's not worth tryin' for / I can't help it there's nothin' I want more / I would fight for you - I'd lie for you / Walk the wire for you - Ya I'd die for you / Ya know it's true / Everything I do - I do it for you [Brian Adams], Da da dam, dam da dam.