198. fureur douce et dénonciation

Chassé le spleen à 80%. J'ai réussi de haute lutte à mettre le doigt sur ce qui cloche, et vite, mais sans me presser j'ai pris la corne du taureau par la base, juste à la racine des poils, et je l'ai brassée un peu, et puis avec un peu plus de vigueur et pour finir avec un brin de fureur douce, disons. Elle a rendu un curieux son de clochette à vaches aux accents d'assiettes cassées, vous savez, ces belles grandes porcelaines blanches avec de la dorure sur les bords et des petites fleurs et des personnages qui dansent avec des rubans et des coeurs peints à la main dans le fond.

Bref, lundi, ce n'était pas la grande forme. Le goût de rien. La mélasse. Rien. Et alors vers les seize heures, j'ai entrepris de lire quelques journaux en ligne en me disant on sait jamais, des fois que les autres nombrils en mal de lecteurs iraient plus mal que mon moi-même [mais non, bande de vous-autres, je vous lis pas pour ça mais parce que je vous ai-meuuh].

Quoi qu'il en soit, et pour en revenir à ce lundi de spleen maudit, je suis tombée sur le journal d'Anne Archet et, pour la première fois, j'ai osé m'attaquer à son mot croisé avec la ferme intention de prendre son brillant fan club de cruciverbistes surdoués de vitesse, et donc de gagner, et c'est le coeur tremblant, le feu aux joues que j'ai plongé, moi qui n'ai pas touché un mot croisé depuis la dernière fois que j'ai été enceinte [en 1986, curieusement, les mc, ça me faisait du bien pendant les contractions, et j'en ai eues pendant quatre mois]. Un bien fou. Et encore une fois, ça m'a soulagée. Pendant presque deux heures, la vie a cessé de tourner, l'ébullition de souvenirs nauséabonds s'est un peu calmée et je me suis retrouvée avec mes nombreux dictionnaires ouverts autour de moi sur le tapis du salon et une grille... remplie. Je me suis dit, j'ai réussi, youppi, je poste. Et j'ai posté. Tout à l'heure, j'ai lu que dame Anne [Annie – elle aussi – pour les intimes] anonyme homonyme m'avait proclamée grande gagnante. Merci, merci. Sauf que ça, je le savais, elle me l'avait écrit lundi soir. J'ai lu aussi que sieur Antoine [Old Cola] avait eu des doutes quant à l'identité de l'anonyme Annie [c'est mon seul et vrai prénom privé, public, légal, et intime, et seul pseudo aussi, but formerly known on'ze web as Script since december 2000] et demandé publiquement que je me dénonce. C'est fait.

Mais comme je préfère depuis toujours l'aveu à la dénonciation. Et vu que ceci est un journal, lieu de toutes les confessions, n'est-il pas. J'ai choisi l'aveu. Alors j'avoue. Me suis-je pour autant dénoncée ? Il faudrait poser la question au Sphinx.carré rouge