195. fever

Bain de ville. Je suis allée au cinéma. Vu trois films dans la même journée. Entre les séances, quelques tournées dans les magasins. Mangé du homard des Iles et bu du vin blanc avec Josée. Acheté des vêtements fous dans les friperies. Des babioles pour écrire. Encore des plantes et des fleurs. Des bouteilles d'alcools vieux et sucrés. Bref, dépensé beaucoup d'argent. Me suis demandé si je pouvais tenir jusqu'à samedi soir sans le voir. Et puis, bien callée dans un large fauteuil rouge sombre et moelleux d'une salle presque vide et climatisée, j'ai entendu un acteur dire que l'éternité dure toujours jusqu'au samedi. Et puis il est mort. Et l'homme à qui il disait ça est mort lui aussi. Tous les deux un samedi. Le truand est mort le coeur troué de plusieurs balles de fusil. Le professeur de lettres, d'une chirurgie cardiaque, en même temps. Enfin, c'est ce que j'ai cru comprendre, vu que je ne regardais plus trop la fin de ce dernier film. Je pensais à lui, me demandant si je pouvais, – sans mourir – tenir jusqu'à samedi [soir].