193. nostos

Retour dans la ville torride. Flash fou quand je roulais dans le pont-tunnel Louis-H. Lafontaine, la pénombre autour avec les chenilles jaune orange des lumières accrochées au plafond, et ma musique à tue-tête, les voitures obligées de rouler à vitesse mesurée, sans changer de voie, et cet énorme grondement que j'écrasais avec du rock. Moment privilégié que je ne sais même pas raconter. À force d'observer la nature, on finit peut-être par oublier comment écrire le bruit de la ville.

Elle avait raison, finalement. Raison concernant les livres en papier. Elle dit que : « c'est tellement plus agréable à lire sur du papier, beaucoup moins fatigant pour les yeux et tu peux prendre presque n'importe quelle posture, allongée sur le ventre ou le dos, en foetus, debout, et puis un ordinateur sur la plage, c'est pas très facile. »

Il y a peut-être plein de monde qui ne vont pas à la plage et qui ne peuvent plus se coucher sauf pour dormir, me dis-je, et eux, ils aiment bien lire avec l'ordinateur, et qui va leur donner à lire, qui ? Mais ça va, j'ai compris, je ne renonce pas au papier non plus. Je passe ma vie plongée dans les livres, je ne vais tout de même pas m'empêcher d'en écrire. Sauf que, comme elle dit, cela est une autre histoire.

Et moi, j'ajoute que c'est un long et douloureux chapitre d'une histoire que j'ai plutôt envie d'oublier et que je n'entamerai pas ce soir.

Quoi qu'il en soit, la campagne, c'est comme une drogue. Quand c'est là, en toi, ça veut plus te sortir du corps.