184. signature

Je repars demain pour le fleuve. Vous commencez pas à trouver ça un peu lourd, cette histoire de départs et de retours, et de on sait jamais où elle est ? Peut-être que non, mais moi, oui. Et je me sens comme une obligation étrange d'inscrire le lieu où je vis quand j'écris, comme il restera toujours incontournable de noter la date d'écriture de la page en cours même s'il arrive parfois que je la mette en ligne un autre jour. Je sais trop bien comment j'aime trouver des repères spatio-temporels quand je lis un journal [intime ou non]. Sans ces indices sur le genre, plus de journal. Alors pour régler le problème, – puisque je passerai mon été à naviguer entre la ville et la campagne et les autres villes des autres pays où je vais atterrir, j'ai opté pour la solution pratique et remis ma signature sur chaque page, comme dans mon journal de Script. La voici. Et la muse avec.

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Y'a pas à dire, la vie, quand ça se mêle d'essayer de vous faire croire que c'est parfait, c'est capable de battre des records. Exemple. On est jeudi soir, il pleut et bruine à plein ciel. L'espèce d'atmosphère pleine d'eau achève d'étouffer les derniers parfums des lilas. Je suis là, portes et fenêtre ouvertes, et l'air est insoutenable de tendresses vivantes. Bref, je n'ose plus trop écrire que la vie est belle de peur de me faire tirer des roches – et pourtant. Tout ça pour dire que ce week-end, je ferai mon jardin. La terre est chaude et prête à recevoir les premiers semis, les plants de tomates, les concombres, persil, courges, basilic, poivrons, aubergines, laitues, pommes de terre, et le reste. Avec cet espace à traverser sans s'échouer, le temps entre le fleuve et l'écriture.

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Les pages du 26 et du 27 septembre 2000 sont de retour en ligne depuis hier. Hé oui, elle peut se montrer aussi fainéante que vous l'imaginez.