181. les grèves de Kamouraska

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À force de regarder dehors et d'observer, je vois des choses, des tas de choses que je n'osais même pas imaginer. C'était l'avant-dernier dimanche, j'avais déjeuné chez La Fée Gourmande et goûté à ses chocolats. Je suis tombée à genoux devant le Fleur de lavande : « une ganache noire finement parfumée à la lavande du jardin et trempée dans un grand cru noir à 75% de Tanzanie », et la Framboisine : « une couverture noire aux profonds reflets rougeâtres enrobant une onctueuse crème d'amande », et dedans il y avait une framboise à l'eau-de-vie, fraîche et juteuse, et je ne nommerai pas les autres divins trésors épicés. Pour mieux les savourer.

Ensuite, flâné sur les grèves comme un escargot, ramassé des branches à l'écorce arrachée, léchées par les flots, toutes lisses et couleur de miel. Fait provision de roches roses rondes et polies, de plaquettes d'ardoise bleue vert et rouges, et de petits coquillages blancs. Vu un espace sacré où le vent faisait bouger les feuilles naissantes et les vaguelettes si amoureusement, on aurait dit un souffle d'enfant essayant d'éteindre sa première bougie, un air salé, laiteux, et comme tourné vers l'intérieur.

Dehors, ce jour-là, je crois avoir vu et touché le sacré. Comme une infinie tendresse entre vous et moi. Comme un air du temps rosé en forme de toile d'araignée suspendue entre la vie et la mort. C'est la faute au chocolat ?