179. u comme dans urubu

Hier matin, réveil dans les méandres cotonneux de ma maison du fleuve. Retour en ville dans la journée. Vu un urubu [avant-hier]. J'ai cru que ce gros oiseau brun foncé avec une petite tête chauve et rouge était un aigle. Je ne me suis pas trompée de beaucoup.

Lu dans le Sanctuaire de Faulkner des histoires fabuleuses ; buté plusieurs fois sur ce passage où il écrit : « Il sent le noir, pensa Benbow ; il sent le noir comme cette chose noire qui sortit de la bouche de Madame Bovary et se répandit sur son voile de mariée quand on lui souleva la tête. »

Mais le plus beau, c'est que posé au sol, l'urubu marche sur deux petites pattes rougeâtres. Toutes petites. Et quand je l'ai vu survoler les escarpements rocheux, je l'ai longtemps observé malgré mon envie de tirer dessus pour abattre cette folle crapule immangeable ; et tout le temps qu'il est resté là, je l'ai gardé dans ma mire. Il est revenu deux ou trois fois dans la matinée. Sans avoir envie de le tuer en image, j'ai décidé de le laisser s'envoler loin. Et après j'ai trouvé son nom dans un livre d'oiseaux.

C'est sans doute pour ça que je me suis enivrée goulûment de silence et décidé de nettoyer les codes [pas une mince tâche] de mon premier journal sur l'Internet, Entrée libre,,,, afin de vous le mettre en ligne ce soir. Les deux premières pages : les 22 et 23 septembre 2000. Les autres suivront.