172. saloperie de saloperie d'internet

Choc sur un petit samedi matin tranquille. Encore mal aux yeux. Je mets des gouttes, ça va passer. C'est pas ça le choc. Le choc, c'est une découverte que je viens de faire par hasard.

Je me suis levée, assise à l'ordinateur, et commencé une matinale tournée des blogs. De lien en lien, j'ai vu une belle image de muguet sur un blog et songé à écrire quelque chose sur le muguet en lien avec la fête des travailleurs ; puis j'ai fait une recherche sur Google, pour voir si ma page-muguet, bricolée au printemps 2001, n'était pas encore là quelque part dans les archives feuillues du web. C'est alors je suis tombée sur mon propre journal avec une autre mise en page [l'ancien, celui de Script qui n'est même plus en ligne, enfin si, mais protégé par mot de passe]. Une copie qui à première vue semble intégrale des textes, une dizaine de pages [pourquoi celles-là ?], et avec des liens [tout en bas] vers de la pub porno. C'est malin.

Vous pouvez voir le chef-d'oeuvre sur [correction : j'ai enlevé l'adresse, ça lui donne des lecteurs et donc des poissons pour cliquer sur sa foutue pub et se faire des misérables sous à mes dépens, pauvre parasite]. Et aucun lien, aucune trace de l'auteur "génial et ô combien célèbre". Je ne peux donc pas lui écrire pour lui dire ce que je pense, lire lui étamper mon gant de boxe [rouge] sur sa sale petite gueule de crapaud baveux. C'est bête, je ne sais pas du tout quoi faire. À part tout raconter ici, et chercher une solution. Et puis le rose bonbon et les encadrés rouges, cela ne me ressemble pas beaucoup. Pas un artiste en tout cas, mon voleur-copieur. En plus, aucun lien ni mention de l'auteur des images [la plupart sont de Patrick Bizouard qui m'avait donné la permission de les reproduire]. Patrick s'est donc fait voler lui aussi en même temps que moi. J'imagine qu'il ne le sait pas. Et la dernière fois que je suis allée sur sa galerie d'images, il n'y avait plus rien [c'était Rêves-Numériques].

J'ai continué de chercher, examiné la source : tiens tiens, il a recopié une partie de mes méta. Sans doute un truc pour attirer les robots. Et il y a ceci de différent : <META NAME="OWNER" CONTENT=" oana@sealite.matco.ro">. C'est une adresse e-mail, ça. Doit être bidon en plus. J'ose pas écrire. C'est fou, j'ai peur. Peur. Pourquoi on me fait ça ? Et si on me le fait à moi, on l'a sans doute fait à d'autres aussi ? Un autre indice, toujours dans le code source : <META NAME="author" content="Design by John">. Eh bien mon John, je ne veux pas te faire de peine, mais pour le design, j'ai pas l'impression que tu vas te mettre riche avec ça. Grrr. Je fais quoi maintenant. J'espère des conseils et de l'aide. S'il-vous-plaît, quelqu'un.

Première idée : j'écris à Francité.com et je le dénonce. Non. La délation, c'est pas ma tasse de thé. J'aime mieux mes gants de boxe.

Deuxième idée : j'enlève le mot de passe du Journal de Script et je lui fais de la compétition sur Google. Pourquoi pas.

Troisième idée : j'engage un hacker et on va lui bousiller son site de merde. Bof.

Quatrième idée : j'arrache tous mes textes du web et je ferme boutique forever. Ça me tente, vous savez pas comment. Mais je résiste.

Je cherche d'autres idées. J'appelle la police ? On fait quoi avec un pirate à qui on peut pas rougir la patate ni pendre par les pattes ? Ouvrir une enquête, le retracer, le donner à manger aux cochons ? Il y aurait peut-être des pistes sur sa stupide page de liens. Et puis NON. Pas le temps de perdre du temps là-dessus, c'est samedi, j'ai encore du sable dans les yeux, je vois tout embrouillé, et j'ai mieux à faire que de courir après un moron patenté. Déjà 10:24h, et même pas eu le temps de prendre mon café. C'est trop moche, je retourne me coucher.

pencil-line.gif

Quelques heures plus tard :

Ça m'embête trop ce truc-là. Pas réussi à me rendormir. Quitte à le regretter amèrement, j'enlève tout de suite le mot de passe sur le Journal de Script. On va donner de l'ouvrage aux robots de Google et faire un peu d'ombre à monsieur x.

Et puis j'ai eu cette semaine une bonne/excellente nouvelle qui me réconcilie avec toutes les mochetés de l'Internet. Imaginez-vous que Téhu a écrit à Karl pour lui dire qu'il avait récupéré mon tout premier journal en ligne écrit entre septembre et décembre 2000, tout un paquet de pages que j'avais « perdues » bêtement. Téhu se demandait si j'étais intéressée à les avoir. Et il demandait à K. de me faire le message si jamais il me "croisait". Arf. J'ai répondu le même jour que bien évidemment je suis intéressée. Je voue dores et déjà à ce jeune homme une reconnaissance éternelle. Je vais lui envoyer porter du champagne bien frappé, que dis-je du sirop d'érable à profusion une bouteile par printemps jusqu'à la fin de ses jours. Et je vais tout remettre en ligne. Je me suis tellement ennuyée d'Ariane Fabre, je ne vais pas la laisser dormir dans le placard. Décidé d'assumer jusqu'au bout. Héhé. Je lui ai bien sûr écrit à monsieur Téhu pour le remercier et lui demander de m'envoyer la chose.

D'ici là, j'offre cette page à mon voleur qui a même pas été fichu de piquer les meilleures : As-tu déjà reçu plus tendre bouquet ? quand je vais t'attraper mon pouilleux, tu vas te faire étriper [encore mieux : écouiller] vite fait.

Par ailleurs, j'ai pas dit que j'abandonnais les idées 1, 3 et 4. Disons que je prends la question en délibéré.