170. l'amour à nu

J'ai trouvé la définition de l'Amour, — de mon Amour. Quelque chose qui parle du deuil à faire. Je la placerai soigneusement dans le grand dictionnaire que j'écris à coup de petits collages et bricolages euphoriques, alimentée par ma folle vie et quelques libres chevaliers poètes et déesses apprivoisés. Amour, Love, la voici notre baguette magique. Oublier les discours mous et désenchantés des faiseurs de malheurs et de morts, we'll drink to that my love tonight, et déployer le grand manteau noir pour nous envelopper dedans le temps l'espace et regarder le brillant de l'anneau d'or retrouvé. Que j'offrirai à mon renard - demain. Et l'Amour mis à nu. Je les dépose à vos pieds. Ils sont là où la rue s'ouvre, plaie saignante pour y boire le sang, la honte, et beaucoup d'alcool ; l'amour de la ville nue et toutes ces choses qui vous font du bien oublier. Chanter avec les autres des la la la et le violon. Toute cette beauté que nous nommons Amour. Toucher toujours. Et danser jusqu'au petit matin pour que l'Amour se couche en même temps que la lune et se relève le lendemain soir avec elle. On n'imagine pas comment les décisions se prennent avec douceur et beaucoup de patience entre les draps tièdes et froissés de l'aube blanchâtre, et le chèvrefeuille. Que je parte, ce n'est pas grave, c'est pour mieux vous suivre afin que vous et moi puissions écrire et dormir un peu, et puis vivre de rien. En marge, toujours. Et mourir un jour peut-être même si nous n'y croyons pas beaucoup. Je cherche comment m'est venue cette étrange idée que je vivrai éternellement dans le vent doux du large, l'inspiration ardente et triste, le coeur de nos enfants, et un parfum de rose. Ainsi nous réécrivons les dictionnaires juste pour nous avant que les mots d'Amour n'existent plus.