167. Caph, Mizar, Dabir, Betelgeuse et les autres

De Félix Leclerc, extrait de « Ce matin-là » :

Quand tu dis que tu m'aimes et que tu danses au village
Avec tous les garçons qui ont cheveux bouclés
Tu mens effrontément... alors moi, demain, je m'en irai
Plus loin que ce pays, plus loin que les nuages
Et j'enverrai la mort te tuer, cher visage.

Passé le premier tiers de la journée à manger, boire et croquer les lèvres d'un ami très cher, le deuxième au Musée d'art contemporain, et le dernier bien au chaud sous la couette dans le grand lit à lire des petits livres de Philippe Delerm [3 sur 5] et à dormir jusqu'à plus soif. J'ai cru comprendre que cette année, le magnolia de la rue Hutchison n'avait pas encore fleuri. Sinon, j'aurai raté ça [aussi].

Au musée, coup de coeur inguérissable pour les oeuvres de Kamila Wozniakowska. Drôle, attachante, sarcastique et irrévérencieuse. Quelques-uns de ses titres : Figures pour mes amis qui boivent, mentent et me volent ; If It's Painted, It's True ; El Matador Practicing, Being Disturbed by an Unidentified Activist ; et Saint Sebastian Receiving Unsolicited Advice on Professional Martyrdom.

Avant de partir au musée, cherché partout dans ma mémoire le nom des femmes japonaises qui dansent et servent les prêtres shintoïstes. Pas trouvé. Faudra encore que je cherche dans mon journal papier.

Toujours au musée. On ne peut pas prendre de photo ici ? OK, on va les écrire un par un après les avoir prononcés avec application, les noms – suivis souvent de l'épellation, lettre par lettre et de haut en bas et de bas en haut, de chacune des étoiles du grand tableau bleu nuit de Robert Racine : Spica. Je vous les recopie [ou htmlocopie, mais, nom d'un Zeus, serait-ce du plagiat ?] : Spica, Skat, Syrrah, Alula boreale, Talitha, Taliman, Rigel, Celano, Diadem, Sadir, Taygita, Mirah, Sirius, Merope, Albali, Altaïr, Acrab, Unuk Elbaïa, Merak, Etamen, Rotanev, Caph, Mizar, Dabir, Betelgeuse, Nakkar, Alula australe, Izar, Adara, Coxa, Vindemiatrix, Pollux, Acubens, Naos, Alarah, Beld, Porrima, Wasat, Vega, Reda, Agena, Matar, Thuban, Lursa, Polaris, Yed Prior, Ksora, Atlas, Maïa, Alehita, Keb Alraï, Ain, Mira, Botein, Miaplacidus, Kuna, Almura, Alanak, Baten Kaitos, Sulaphat, Cih, Wezen, Adhafera, Heka, Rena, Mebsuta, Mirzam, Enif, Castor, Mirfak, Sabik, Capella, Zosma, Zibal, Kolmahaut, Cor Caroli, Zaurak, Lesat, Bellatrix. J'espère seulement ne pas avoir fait d'erreurs en transcrivant les noms des étoiles ; et que j'en ai pas oublié une seule. Quoi qu'il en soit, les noms des étoiles appartiennent à tout le monde. Encore faut-il les savoir.

Avant de m'endormir, exhumé le cahier de l'été 2003 [vraiment intime, rouge, et off line forever], pour y retrouver, en date du 15 août : Adoré Monflanquin, cueilli une affiche à l'exposition de Natacha Hochman, « Regards sur la femme japonaise ». Magnifiques images des Mikosan, assistantes des prêtres shintoïstes. Trois règles dans la vie des Mikosan : pratiquer l'art de la calligraphie, l'art de la danse, et être vierges. [Ainsi, je suis presque assurée d'avoir enfin droit à l'accusation d'autoplagiat. Quelle déchéance.]