165. comme ça, on ira jusqu'au bout

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Magnifique. Simple. Il a quelque chose de complexe, du domaine de l'intouchable. Une espèce d'infinie vulnérabilité et une force, une détermination absolue, qui fait qu'il sera capable de tout donner à son art. Pour ce qui concerne son âme, je ne sais pas si elle est aussi vieille que ça. Mais j'aime qu'il aît eu le génie d'affirmer que « l'art c'est quelque chose de très vieux ». Être capable de faire publiquement une déclaration si simplement évidente tient du prodige. Je comprends que les femmes [et les hommes], puissent l'aimer et se sentir attirés par lui. Je le trouve magnifique. Beau. Droit. Je comprends tout à fait qu'il plaise autant. Il a un charme fou, et il est touchant. Il établit facilement des liens avec les gens, je veux dire qu'il y a quelque chose en lui comme une sève qui monte et donne envie de l'écouter. Tout le contraire d'une grande gueule qui cogne pour enfoncer sa loi. Il n'élève jamais le ton. Et ses lèvres, la courbure comme un coup de pinceau chinois. Parfois il faut même prêter l'oreille pour bien l'entendre, regarder les gestes des mains, suivre le regard. C'est la présence à soi et à l'autre, je crois. Ce n'est pas du tout facile à expliquer. Enfin, je le regarde parler et je l'écoute et je me dis qu'il doit y avoir un peu de moi en lui. Juste un peu. Dommage qu'il ne soit pas mon amoureux à moi mais le sien. Parce que s'il était venu ici dans cette maison, dans cette ville et tout, il n'aurait jamais pu ni voulu repartir et alors je les aurais gardés ici pour toujours tous les deux et ils auraient été heureux – et eu beaucoup d'enfants, – cela va de soi.