152. a va tout faire a mano

Stefan Zweig, Lettre d'une inconnue :

Tu me pris dans tes bras. Je passai de nouveau toute une nuit de délices avec toi. Mais, même en ma nudité, tu ne me reconnaissais pas. Heureuse, je m'abandonnais à tes savantes tendresses, et je vis que ta fougue amoureuse ne faisait aucune différence entre une amante et une femme qui se vend, que tu te livrais entièrement à ton désir, avec toute la légèreté et la prodigalité qui te caractérisent. [...] De nouveau je me rendais compte, enivrée encore de l'ancien bonheur, de la dualité unique de ton être ; je retrouvais dans ta sensualité cette passion cérébrale et lucide qui, déjà, avait fait de l'enfant ton esclave. Jamais je n'ai constaté, chez un homme, dans ses caresses, un abandon aussi absolu du moment présent, une telle effusion et un tel rayonnement des profondeurs de l'être — à vrai dire pour s'éteindre ensuite dans un oubli infini et presque inhumain.

Je n'ai pas réussi à m'habituer à Spip. J'aime le changement, mais à ce point-là, ça ne passe pas. Tant pis.

Opté pour l'abandon pur et simple de mon nouveau bidule. Les codes et ma bonne vieille feuille de style me manquaient trop. Et la simplicité de la présentation, surtout.

Pour publier un journal, une page par jour, je n'ai pas besoin d'une machine à publier/éditer capable de faire rouler un grand magazine. Logique.

Ce soir, après réflexion, j'ai recopié mon dernier billet dans Ultra Edit, j'ai recopié le texte du lendemain et chacune des pages... et me revoilà sur un site modeste peut-être, mais où je sais qui je suis.

Bien évidemment, les pages ne se classent plus automatiquement dans les archives. Le moteur de recherche ne fonctionne plus. Et le rss/rdf ne doit plus signaler mes mises à jour non plus. Je ne suis plus sur le fil, snif, snif.

Mais ce n'est qu'une question de temps. Au lieu de perdre mes énergies et ma patience à chercher/adapter/maudire un bidule à bloguer que je finis par bousiller/scraper/flusher accidentellement et caetera, je me construirai le mien avec trois pans de rêves, mes bons vieux codes xhtml, des plumes, des php, une ou dix css si je veux, un ou deux amis pour les judicieux conseils, un peu de java, des scripts, ça va valider sur un train d'enfer, et puis ma propre base de données toute propre, sisi, et puis un fil, un beau fil tout neuf et bien rouge, avec des répertoires, et des céréales qui font cric crac croc, et des back up pour plus jamais tout perdre [promis], et du soleil le matin, et la pluie du printemps qui pianote à ma fenêtre, comme ce soir. Je mettrai la main à la pâte jusqu'à l'épaule. Et même à la bouche, faut voir. A va tout faire a mano. A va bien s'amuser. [oups, j'ai oublié le clair de lune]