150. une zone déjà nôtre

Brève : Avec Spip, l'installation s'est très bien passée. Plutôt facile. Quelques heures pour télécharger et configurer le tout. J'ai pu mettre des textes en ligne le même jour. L'environnement ne me plaît pas, le design est moche [bof, ils le sont tous sur ce genre de machin], et les codes ne sont pas valides. Pas grave, je vais nettoyer, épurer les codes et en venir à bout, me faire une nouvelle feuille de style, un look, et ça va aller. Sauf que je me pose de grosses questions. Enfin, le bidule est gratuit, faut pas non plus cracher dans la soupe. C'était ça ou Blogger.com, ou encore le musée des horreurs des bidules à bloguer miteux que je ne nommerai pas. J'en frémis. Mais revenir à Movable Type, jamais dans cent ans. D'ici là, je bidouille et farfouille dans le Spip et, pour tester et construire le site, il faut des pages, autant continuer tranquillement à recopier mon journal papier.

16 mars 1998, trois heures vingt
Toujours le journal de Pavese. Je termine la page 281, la dernière du premier volume. Envie de commencer le deuxième aujourd'hui. Mais auparavant, noter ces deux extraits :

« 3 décembre 1939. Quand nous lisons, nous ne cherchons pas des idées neuves, mais des pensées déjà pensées par nous, à qui la page imprimée donne le sceau d'une confirmation. Les paroles des autres qui nous frappent sont celles qui résonnent dans une zone déjà nôtre - que nous vivons déjà - et la faisant vibrer nous permettent de saisir de nouveaux points de départ au-dedans de nous. »

Page 238, le 1er mars 1940 : « L'équilibre d'un récit est dans la coexistence de deux personnes : l'une, l'auteur qui sait comment il finira, l'autre, les personnages qui ne le savent pas. Si auteur et protagoniste se confondent (Je) et savent comment ça finira, il faut grandir la taille des autres personnages pour rétablir l'équilibre. C'est pour cela que le protagoniste, {si c'est celui qui raconte}, doit-être plus que toute autre chose un spectateur. Si l'on raconte à la première personne, il est évident que le protagoniste doit savoir dès le début comment son aventure va finir. À moins de le faire parler au présent. »

Voilà pour le Tome I. Le II maintenant. 254 pages, de 1941 à 1950, pour que la dernière m'indique clairement l'intention de suicide. Je le sais déjà pour l'avoir lu quelque part.

Ce journal, le 18 août 1950, finit par : « Tout cela me dégoute. Pas de paroles. Un geste. Je n'écrirai plus. »

Je reviens à la page 285. Je lis. Prendrai des notes demain.