139. se cache

12 mars : moi

Je navigue dans des courants plutôt tristes. J'oscille entre colère et nostalgie. Hier soir j'ai passé une partie de la nuit à regarder une collection de films en noir et blanc, surtout des vieux spectacles de Juliette Greco. Ma tristesse, c'est pas grave, cela ne m'empêche pas de continuer tout ce que je fais comme avant. Sauf à bouder ce journal et quelques autres écritures. Tout se passe comme si j'en voulais au désir d'écrire, et d'être là. Comme si je me blâmais pour ce monstrueux gâchis alors que je n'y suis pour rien [ou presque].

Et donc j'écris moins, je [me] boycotte. J'imagine que je prends du recul. Je me figure que cela ne regarde personne d'autre que moi, mais voilà que tout un chacun s'en mêle. Comme si je ne m'appartenais plus ; oublié que je fus et serai éternellement [l'éternité c'est long, surtout vers la fin, dixit Woodie Allen] personnage. Femme de papier. Femme littéraire. Mais où et donc car ni or se cache notre héroine tchékhovienne ?