132. échappée vers la mer

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Je m'étais attachée à D. J'étais bien avec lui. Avec passion et simplicité. Complicités. Et petits bonheurs en prime. C'est pas souvent dans une vie. J'ai tout pris. Je l'ai aimé. Me suis laissé aimer, pour une fois. Ce fut trop court. Il est parti. J'ai eu de la peine. J'ai pris sur moi, c'était pas sa faute. Il ne m'abandonnait pas, c'était son travail. Il n'avait pas le choix. Je suis restée. Courageuse[beurk], j'ai pas pleuré. J'aurais dû crier. J'aurais pu lui demander qu'il reste, je ne l'ai pas fait. J'aurais pu partir avec lui. J'ai pas voulu. Je me suis peinturée dans le coin. C'est le journal qui a écopé. Payé la note. C'était pas sa faute. Ou peut-être un peu. Un journal comme ça, quand on ne peut pas tout écrire, c'est moche. Et frustrant. Je ne supporte pas l'abandon. Le sentiment d'abandon. Jamais pu. Il le faudra. Faudra que je passe à travers ça. Je veux. Supporter l'absence. Attendre [re-beurk] le retour de D. Attendre des mois [re-re-beurk]. Et tout ce que je peux pas écrire, on the side. Tout ce qui brasse et se trame de plus ou moins conscient entre le public et le privé, cette sorte de feinte étrange et pas voulue. Ce maudit jeu de l'autofiction qui s'installe malgré toi, malgré ton désir de crier fort la vérité. Pour m'en sortir, résoudre l'impasse, j'essaie de m'organiser pour partir : une petite vacance au Mexique, sur mon île de rêve. Ou à Cuba, quelque part où la mer et le soleil. Au plus vite.