112. blog d'un jour

Jeu. Aujourd'hui, j'adopterai le style blogger : « pondrai » une ligne ou deux en écrivant en dessous l'heure de mise en ligne. Ça donnera un quotidien-récit hachuré, fragmenté. Plus concentré. Pourquoi se fatiguer ?
09:12


Blog. Quelle magnifique journée. Écrire sur le bleu du ciel ne le rendra pas plus bleu. Écrire que la vie est belle ne la rendra pas plus belle. Pourquoi écrire ?
09:47


Le journal me manque déjà. Si la [ma] tendance se maintient, je serai soulagée de la maladie du blogueur avant demain matin.
20:43


Un autre beau samedi de janvier s'achève, toujours avec mes écrivains russes. Afin que cette incongrue et gratuite page de blog ne sombre pas dans les limbes du superficiel et de l'inutilité, autant qu'elle me serve ultimement de bloc-notes pour conserver quelques passages parmi ceux que j'ai soulignés dans La mort d'Ivan Ilitch, avant de ranger le livre dans la bibliothèque :

Il pleurait sur son impuissance, sur son effroyable solitude, sur la cruauté des hommes, sur la cruauté de Dieu, sur l'absence de Dieu.

L'un après l'autre, des tableaux de son passé se dressaient devant lui. Cela commençait toujours par le plus proche de lui dans le temps, pour remonter au plus lointain, à son enfance, et pour s'y arrêter.

Il sentait que la torture consistait pour lui à la fois dans le fait qu'il s'enfonçait dans ce trou noir, et plus encore dans le fait qu'il ne pouvait pas le franchir.

« C'est fini ! » dit quelqu'un au-dessus de lui.
Il entendit ces mots et les répéta en lui-même.
« C'est fini la mort, se dit-il. Il n'y a plus de mort. »
Il prit une goulée d'air, s'arrêta au milieu de l'aspiration, son corps se raidit et il mourut. [Tolstoï]

C'est ainsi que mon petit blog improvisé se mourut raide mort, comme dirait Tolstoï.
à 22:39 [r.i.p.]