105. la mamma morta

Entendu à la radio en fin de journée, un bout d'opéra chanté par Maria Callas, La mamma morta. Une splendeur.

La voix chaude, intense, donne envie de courir, de foncer à toute vitesse sur la rue Sherbrooke vers l'est pour prendre le pont Jacques Cartier et après le monstre d'acier vert, d'enfiler la sortie vers Longueuil, puis celle vers Sorel en faisant crisser les pneus dans les courbes.

Rouler à 140 à l'heure pour retourner tout droit vers la ferme, sans escales. Seller la belle jument blanche, lui donner une grosse pomme, lui caresser le museau et monter sur son dos en lui faisant signe d'avancer avec une petite pression de la cuisse sur son flanc.

D. serait là. Il chevaucherait à mes côtés, droit comme un I. Et les chevaux nous porteraient des heures durant dans la plaine enneigée sur leur dos large et brûlant.