102. le monde à l'envers ?

Grande journée. Un mardi de rafales de vents fous et de bourrasques et de neige qui vole et virevolte et de courants d'air glacés, comme liquides, presque marins. On aurait dit que la mer était dans le ciel, d'un bleu coupant ; et les nuages avaient la forme et la taille de Moby Dick. Le givre fondait et repoussait dans les vitres de la maison aussi vite que la barbe dans le visage d'un homme. Et puis en sortant, j'ai trouvé un petit minou perdu [ou abandonné] dans le stationnement, à -26 C.

Pendant ce temps-là, ça brassait encore chez mes grands cousins les Mohawks de Kanesatake. Envie de dire ce que j'en pense, sauf que... Et pendant ce temps-là, à l'autre bout du ciel, quelqu'un a trouvé des beaux cailloux sur Vénus. Et toujours pendant ce temps-là, les caméras de la planète étaient braquées sur Mars. Ça fait que personne a rien vu. Quelqu'un pourrait-il m'expliquer comment il se fait que le monde tourne à l'envers ?

Quoi qu'il en soit, j'ai reçu en cadeau une magnifique photo d'orchidées, mes belles ténébreuses nébuleuses. Ces fleurs sont identiques à celles qui ont fleuri mon anniversaire en décembre, cadeau de A., et qui embaument encore la maison. Reçu aussi des textes magnifiques pour Les Carnets rouges. L'un est de la jeune Alice Farwell, et l'autre de madame Alida d'Irouaz. À paraître d'ici la fin de cette semaine. Merci mesdames. Comme quoi certains jours, quand c'est le 13 janvier, tout peut arriver.