95. cure et immobilité

arbreenhiver

Hier fut un jour béni s'il en est, un jour de cure dans la ouate. Résultat : guéri le mal de ventre, mais pas fini le rangement des papiers, pas défait le sapin. Mais pas triste. Pas en colère, ou peut-être encore un peu. Pas fière de moi. N'ai pourtant commis aucune faute qui mériterait l'autoflagellation. Sauf que je crois bien m'être enlisé le coeur une fois de plus dans un petit guêpier que je connais bien et qui ne mène nulle part sauf à d'autres souffrances ; et tête baissée, comme il se doit.

Enlisée est bien le mot juste.

Quand essayer d'avancer ou de faire marche arrière ne fait que vous enfoncer sur place, c'est de l'enlisement jusqu'aux caps de roue. La seule issue possible, pour m'en sortir dignement et conserver mon intégrité sera donc le paradoxe : accepter de rester coincée là-dedans et réfléchir à ce qui est en train de se passer.

J'ai déjà appris que lorsque je ne peux pas changer une situation, il me faut moi-même changer ma position par rapport à cette situation. Et c'est moi-même que je n'arrive pas à décoder en ce moment. Ne m'en demandez pas plus, je n'en sais pas plus.

Tout ce que je sais ce matin c'est que, comme prévu, je descends dans le Bas du fleuve passer quelques jours paisibles loin de la ville. Pour écrire et me reposer.