87. miss vertigo [suite et fin au prochain épisode]

Avec un titre pareil, je crois que miss vertigo devrait se taire. Au moins jusqu'au prochain épisode. Mais je ne veux pas oublier de noter que j'ai finalement décoré le sapin. Hier. Il est magnifique. Brillant en rouge et bleu. Et déniché l'oie [élevée au grain à Baie-du-Febvre] pour demain soir. Ça court pas les rues une volaille comme ça. Quand j'ai demandé au boucher une oie de huit kilos, il a ri comme un fou - quoique fort discrètement - et il m'a demandé si je voulais une autruche [le boucher est français ou belge], il m'a expliqué que les oies du Québec ne deviennent jamais aussi grosses [oublié de lui demander pourquoi] et finalement il m'a vendu une bête de quatre kilos cinq cents, sa plus grosse.

C'est fou. Et je ne veux pas oublier de noter que j'ai finalement passé plus de douze heures tendres et voluptueuses avec Dylan. Pas Dylan le chat dans Épiphanie, mais Dylan mon vieil ami anglais en chair et en os qui vient de rentrer d'un long reportage. Je sens mon corps et mon âme se déplier, se déployer avec lui. Il m'a donné son cadeau de Noël tout de suite : c'est le fameux kimono, presque pareil à celui de mes rêves. Il n'est pas bleu pâle très pâle, encore plus beau. Comme quoi le rêve et le désir embellissent tout. Et parce qu'il a déjà toute une histoire ce kimono et que Dylan l'a cherché longtemps en pensant à moi et à mes rêves et qu'il l'a finalement déniché dans une petite boutique de Saïgon. Eh oui, il a été fabriqué au Vietnam. Je ne m'attendais pas à cela. Et je n'ai plus de mots pour l'écrire. La soie est si douce, je crois porter une rouge caresse, pas un vêtement. Je dis rouge, mais il n'est pas rouge, plutôt une sorte de rouge orangé foncé, terre de sienne [?] tout brodé.

Depuis que je suis rentrée rue Hutchison, je n'ai qu'une envie : le retrouver. Pas le kimono. Dylan. Le kimono, je sens que je vais le porter jour et nuit. Il sent l'amour et les voyages.