85. miss vertigo

i-raido.gifetrouvé l'envie de grimper sur un trapèze et de me balancer la tête en bas, ou de marcher sur un fil au-dessus du vide comme une équilibriste. J'ai lu trop de livres. Les mondes et les idées s'entrechoquent. Dormi. Voyagé en chariots physiques, oniriques. Consulté les runes sacrées. Ma vie change de sens, pousse vers une autre direction. Travail, vacances, déménagement, évolution, changement. Ma vision du monde s'aiguise et s'élargit. Je peux voir très loin par en avant, le grand chaos chavirer. Au-delà des montagnes sacrées, de l'eau monter. Des gens ont peur. La Chine sur l'autre versant de la terre m'attire encore. Ressorti mes livres Zen. Méditation. Chaque geste, le bon, chaque décision, aiguisée. De l'ordre. Discipline. Création. Le rythme personnel entre dans celui de la grande roue, je tournoie et je danse la ronde vivante : crises, rigidité, stases, injustices, irrationalité. Ruptures, dislocation, démissions, remembrement, recherche, reconstruction. Union. Lent rituel cérébral. Charnel. Si calme.

Richard Séguin. J'écoute sa chanson tendre : « Il faut croire au bonheur ». Au début, dans le premier couplet, on entend les corneilles au loin. La force de la voix est contenue, ramassée dans sa douceur et comme toute cassée d'émotion. Et les paroles, c'est ça :

Ô toi qui de ma vie
Sais dorer les instants
Ô douce et tendre amie
Fais trêve à ton tourment
Pourquoi rester morose
Devant les prés en fleurs
Puisqu'il y a des roses
Il faut croire au bonheur[bis]

Écoute l'oiseau chante
Il se rit de tes pleurs
De l'amour qui l'enchante
Il redit la ferveur
Ne sois pas si dolente
Reviens de ta froideur
Et puisque l'oiseau chante
Il faut croire au bonheur[bis]

Vois le ruisseau qui rêve
Il ne sait pas vieillir
La brise le soulève
Et le fait tressaillir
La terre est en liesse
Tout chante dans les coeurs
Devant tant d'allégresse
Il faut croire au bonheur[bis]

Paroles et musique sont de Eugène Lapierre [1941]. Je suis très très tentée de vous faire écouter avec moi ce pur bijou, mais sans la permission de Séguin, je n'ose pas trop.