80. a. céta quoi ?

Presque 10 heures du soir. Céphalée. J'écris dans mon lit. Me relever et prendre deux comprimés d'acétaminophène. La seule évocation du nom de cette drogue guérirait n'importe quoi. Sauf l'imbécillité chronique. Me relever, donc. Et pendant que je suis debout, me distiller quelques unes de ces gouttes bienfaisantes dans le blanc des yeux pour soulager la brûlure du soleil et de la neige : cet ébouissement qui a fait que mes yeux ont piqué toute la journée.

Et la Madame Edwarda, de Bataille, me direz-vous ? Eh bien Madame Edwarda, je l'ai lue, et je me la garde pour moi. Pour le moment. Sorry.

Scoop. J'en ai vu des ciels aujourd'hui, et plus d'un. Des ciels qui étaient de toutes les couleurs. L'un deux, et c'était frappant, avait exactement la même couleur violacée que cette image de l'Hôtel de ville publiée sur le journal de Script au mois d'août 2001.

Le bureau où je travaille ces temps-ci est situé dans le coin d'un édifice et très haut en hauteur, et il est vitré du sol au plafond ; je vois donc à la fois deux pôles du ciel de Montréal, et les toits et les longues rues allignées bien droites comme sur un immense jeu d'échecs kitsch et barriolé. Mais surtout le ciel. Je vois le ciel une grande partie de la journée. Quand j'y suis.

Au petit matin, c'était la brume blanche, dense et étouffante comme la vapeur d'un sauna ; et plus tard, ce fut le bleu azur avec un soleil étincelant. Et après 15 heures, des traînées de lumière d'un blanc lilas très pâle avec du jaune doux léchaient l'horizon et le reste de la voûte même pas étoilée était d'un blanc laiteux, et tout cela poudreux comme colorié par les mains d'un enfant n'importe comment avec des craies de pastel doux.

Plus tard, vers 17 heures, quand la nuit a commencé à noircir mes dossiers, une grosse lune ronde et jaune est apparue au ras de l'horizon, veinée comme une orange trop mûre. Et Katia est entrée et elle m'a dit : regarde ça, regarde la lune. Quelle journée !