72. sauf que

Sauf que les choses vont en rester là avec l'homme aux yeux noirs doux. Je n'ai pas le coeur assez solide pour me laisser emporter dans le courant de ce qui pourrait être un grand amour. Et puis il me reste un bon quatre mois avant de terminer mon contrat dans cette boîte et je veux me concentrer sur le travail, et laisser mon coeur à la maison.

Sauf que quand j'arriverai au bureau lundi, il aura peut-être lu ce journal, peut-être pas. Si oui, il aura l'heure juste. Je sais, je ne suis pas romantique. Juste pas envie d'écrire tout une romance autour d'une forte attirance qui se joue essentiellement par le regard et les gestes : le corps. Je n'ai même jamais eu de conversation avec lui autrement que pour le travail. Vous croyez que j'aurais dû lui avouer tout cela à lui avant de le faire publiquement ? Peut-être.

Sauf que c'est écrit maintenant. Et que je n'ai pas la moindre intention de me censurer. Pas cette fois. Advienne que pourra.

En me relisant, je constate que me voilà devenue très rationnelle. C'est louche. Vous croyez que je couve quelque chose ?