66. toison

Séance chez le coiffeur cet après-midi. Ô surprise, « le » coiffeur a été remplacé par une coiffeuse très mignonne, avec un teint laiteux et une voix chantante, toute en prévenances et en gentillesses [elle me fait un peu penser à Minnie Mouse, mais sans les oreilles] et elle a le mérite de savoir traiter mes cheveux, vu qu'elle a la tête pleine de frisous elle aussi. Je lui ai donné le même mot d'ordre : ne coupez qu'en cas d'extrême nécessité, c'est pour une recherche à deux volets : 1) savoir à quelle longueur ils vont s'arrêter de pousser, et si la pousse de cette volumineuse toison s'arrêtera un jour ; et 2) vérifier si la force loge vraiment dans la longueur des cheveux [comme dans l'histoire de Samson et Dalila]. Je dis ça, mais la longueur, c'est pour le plaisir seulement. J'ai aussi demandé à Minnie de bien vouloir appliquer quelques couleurs, et elle a dit : je vais vous mettre un peu de marron chocolat. Et pendant qu'elle me badigeonnait et me massait la tête avec les crèmes parfumées et pénétrantes, elle parlait sans arrêt, et j'étais à demi-morte de rire sous [la] cape. Je pensais à la shampouineuse de Gainsbourg, et tout ça.

Je sors ce soir avec É., M.-L. et J.-P. ce soir : concert, dîner rue Crescent, et je sais que je boirai trop de champagne, et que nous irons après marcher dans le Vieux-Montréal pour entendre nos pas résonner sur les pavés, et voir le fleuve la nuit, et que je raconterai des tas de bêtises. N'est-ce pas samedi soir ?