64. land of plenty

J'ai dix minutes pour écrire. Pas une de plus, pas une de moins. Ce soir, je goûte le Beaujolais nouveau en douce compagnie. J'ai quelques amis qui sont ici, mais ça va. J'écrirai pendant qu'ils jasent et boivent du vin en fouillant dans mes livres et en écoutant Leonard Cohen, Bet.e and Stef [y'en a même deux qui dansent le tango] et le reste du palmarès maison va y passer. Ils connaissent tous l'existence de ce journal, et que c'est sacré, et si je vous dis que j'écris tous les jours, je vais tenir parole, quitte à raconter des trivialités. Ainsi, ils me laissent «travailler» sans lire par dessus mon épaule [j'ai une sainte horreur de ça]. Quoi qu'il en soit, la cause de mon adjectivite jubilatoire d'hier coule de source, et j'ai finalement déniché quelqu'un pour m'aider à entretenir cette maison. J'avais mis des annonces et depuis des semaines je n'avais pas réussi à rencontrer une seule personne compétente et fiable et finalement, à bout de ressources, j'avais téléphoné à une agence et ils m'ont envoyé hier leur meilleure femme de ménage : un jeune homme. Une perle vraiment rare. Je lui ai laissé la clé, et il a commencé ce matin, et quand je suis rentrée vers 15 heures, la maison brillait. En quelques heures seulement il a fait toute la lessive, aéré, épousseté, changé les draps, mis les fleurs dans les vases, arrosé les plantes, sorti les poubelles, passé l'aspirateur qui me casse les oreilles, et fait briller les casseroles, bref je peux enfin respirer et compter sur quelqu'un pour prendre soin de cette maison parce que je n'ai plus de temps pour ça. Il a même brossé le chat. Il m'était devenu impossible de travailler dans cette maison sans dessus dessous et surtout dans la poussière et caetera. Tiens, j'ai dépassé mon chrono, ça fait 18 minutes que j'écris et on s'impatiente à coté. Ça suffit. Nasdrovia.