63. adjectivite jubilatoire

Il se passe quelque chose d'incroyable, de fabuleux, d'extraordinaire et d'inattendu, et cela est en même temps prévisible, miraculeux, formidable, gargantuesque, georgeous. Bref, j'exulte. Et comme le dit souvent mon amie la grande Emma, je pense que je m'en remettrai pas. J'adore quand elle me dit ça.

Sauf que ce qui est en train d'arriver quelque part à Montréal, c'est beau, c'est beaucoup beau, rose et sirupeux, collant, superbe, dégoulinant, chocolaté, kitsch, sucré et soporifique, et devant cela je m'incline muette et béate d'admiration, contente et ravie.

Et que de plus [sic]: cet avènement heureux s'annonce béatifique et béchique, démotique, démystifiant, démythifiant, dentrique, dénébulateur, dénégatoire et dénotatif. Mais surtout énantiomorphe. Bon ben j'arrête avant de faire une adjectivite aiguë. Les adjectifs, c'est nul.