42. echo

Différences et contours. J'ai brûlé tout ce qui restait. Il n'y a plus rien. Je fouille la forêt pour trouver des brindilles et j'y découvre des mots verts et tendres, des mots enfouis profond sous les sapins. Et puis encore la vision insistante. Le soleil dessine des miroirs d'ombre sur l'eau du lac, vos bras épousent les caresses du matin.

Je lis que sur le mur d'une petite maison à Tahiti, la Maison du Jouir, Gauguin a écrit ces mots en lettres d'or:

Soyez amoureuses et vous serez heureuses.
Soyez mystérieuses et vous serez heureuses.

Je rêve que je suis là-bas dans cette maison et cela me donne envie d'écrire d'autres pages sur les visions d'amour passées et à venir. Elles ne peuvent l'être telles qu'elles se présentaient, comme des images ou des souvenirs plats. J'aimerais transcrire [transférer ?] l'écho qu'elles produisent et reproduisent encore. Noter simplement et avec précision des fragments de sensations transformées par une symbolique de formes et de couleurs mouvantes. Page sur page en une série ordonnée. Disciplinée.

Je marche sur l'herbe blanchie de givre pour couper tôt avec de grands ciseaux les feuilles et fleurs de lavande pour en faire des bouquets à sécher, puis des sachets quand tout sera bien sec et odorant. Le soleil fait des lacs de lumière sur votre front. J'écrirai votre amour autrement. Tenter de saisir la vision des instants d'extase en ce qu'ils ont [ou avaient] d'incommuniquable.