38. blessure

J'avais réglé le réveil pour qu'il sonne à 7 heures. Il a bien sonné, mais je n'ai pas réussi à me lever. J'ai dormi toute la matinée jusque passé midi. En fait il aurait fallu que je travaille. J'ai téléphoné à la secrétaire pour faire annuler tous mes rendez-vous.

J'ai mal à une cheville, quelque chose comme une entorse : j'ai glissé sur une marche d'escalier et je me suis tordu le pied. Rien de grave parce que ce n'est pas trop enflé. Je mettrai un bandage élastique demain, ça ira. C'est quand même assez douloureux quand je marche. Je me sens un peu coupable de lézarder ici et je n'en profite pas. Je vais me recoucher. Ça ira mieux après si je dors très longtemps, toute la journée, avec une compresse à base d'herbes sur le pied.

Quelle journée étrange. J'ai rattrapé tout le sommeil en retard. Et soigné mon entorse avec des applications de glace en alternance avec des compresses d'arnica et de ruta. Ça soulage un peu, pas complètement. Je continue. Faut que je puisse marcher demain. Sans faute.

Souligné un court passage d'Ovide, in « Les Remèdes à l'amour » :

[...] on est plus sûr d'éteindre sa flamme progressivement plutôt que tout d'un coup ; cesse lentement d'aimer et tu n'auras pas de rechute à redouter. Un torrent est d'habitude plus profond qu'un fleuve au cours constant ; n'empêche que le premier a de l'eau peu de temps, l'autre toujours. Que l'amour s'échappe insensiblement ; qu'il aille s'évanouissant dans l'air subtil ; qu'il meure doucement et par degrés. Mais c'est un crime de haïr une femme qu'on chérissait la veille ; ce dénouement convient à des âmes féroces. Ne plus s'occuper d'elle suffit ; celui dont l'amour se termine dans la haine, ou bien aime encore ou bien aura du mal à cesser de souffrir.

Que de sagesse. Ainsi, la haine serait une forme d'amour, celle des âmes féroces ? Je n'osais pas regarder les choses sous cet angle.