le feu

Le matin au marché pour choisir les légumes et la viande rouge. Le pain et les gâteaux. Ce soir j'allumerai le feu pour faire cuire les grillades. Autour de la table ça discute de tout. La jeune femme à la peau brune aux yeux de louve. Les braises rougeoient.

Il faisait l'amour comme si c'était la dernière fois. Comme si elle était sa dernière femme. Je pense au corps de l'homme. Je pense à l'amour au bord de la rivière en pleine forêt et je dis que ce jour-là, ça faisait des siècles qu'elle n'avait pas été aussi heureuse. Les mots mentent. Les gens mentent. Il faut aller très loin pour trouver des gens qui ne mentent pas. Et soudain un manteau de plomb tombe sur moi, et je ne sais plus pourquoi j'écris. Elle dit qu'elle ment elle aussi et qu'elle m'a menti à moi et je dis que je m'en fous parce que de toute façon la vérité - comme le temps - ça n'existe pas. Il y a de la grosse peine partout que je ne sais pas consoler et si je n'écris pas pour vous maintenant avec ferveur et dévotion, je sais que je n'écrirai plus jamais un seul mot de ma vie, et que je reviendrai toujours dans ce village qui porte un joli nom de ville. Et que je dormirai dans une auberge. Nous parlerons de T. toute la nuit.

Et dans la cour, il y aura des oies qui suivent une grosse femme avec des joues rouges et une robe à fleurs rouges et brunes.