le regard bleu

Dix heures du matin. Après quelques jours à dormir, je vois à nouveau le soleil briller. La brûlante chaleur. Tout le corps s'emplit de plaisir et je dis : j'aime le jour.

Chaleur étourdissante dans le train B.-B. avec ce désir de partir loin, aller au bout du monde. Me sentir vivante et respirer dans les vagues du soleil. Regarder ses yeux jusqu'à ce que s'allume la flamme dansante un peu folle dans le regard bleu ciel. J'aime ça. J'aurai quatre-vingts ans et je sais que j'aimerai ça.

Par la fenêtre du petit train jaune ocre je regarde défiler la campagne, les vignes et les tournesols étouffés tête penchée couleur paille, et je laisse le soleil brûler ma peau. Je transpire et dégouline. Je ne dois plus sentir tellement la rose. Et cela n'a aucune importance.

[Page mise en ligne le dimanche 17 août vers 01:56, heure de Paris]