289. traverse

Incident sur le traversier entre Rivière-du-Loup et Saint-Siméon. Rien de grave. J'étais en grande conversation avec D. à l'avant du bateau, et je scrutais le fleuve dans l'espoir fou d'apercevoir une belle grosse baleine, quand je me suis aperçue que mon journal n'était plus dans mes mains - alors qu'il s'y trouvait au début du voyage. Envolé. J'ai regardé sur la banquette, par terre, dans mon sac, partout : rien.

Les toilettes ! Je l'avais apporté avec moi une demi-heure plus tôt en y allant et j'avais dû le laisser là. C'était foutu. Perdu. Quelqu'un avait dû le prendre, le lire. Le jeter. Que sais-je.

J'ai fait le trajet en sens inverse, traversé les ponts, descendu les escaliers et je l'ai retrouvé. Il était là, sur le comptoir près des lavabos. Je me demande encore s'il y a des gens qui ont eu la curiosité de l'ouvrir.

Histoire banale. Mais qui m'a fait battre le coeur.

Tout le long du fleuve, jusqu'à ce que l'eau soit salée, il pousse des joncs fleuris : Butomus umbellatus. Les graines sont transportées par l'eau et c'est comme ça que la plante, qui n'est pas originaire d'ici mais d'Asie, ou d'Europe, se multiplie.