280. le journal de tout le monde

cogito sum quoi ?

Cogiter encore et encore sur la question du journal intime public est mon petit péché mignon que je remets sur le métier une fois de plus, mon père.

Et la plus belle révélation que j'ai eue de tout ce magnifique mois de juillet 2003 c'est que le meilleur journal qui s'écrit sur l'Internet devrait être en quelque sorte le journal intime de tout le monde, afin que chacun qui le visite et qui le lit puisse s'y reconnaître, et y retrouver un petit morceau de son humanité, ce qui pourrait être sa propre vie et qu'il n'a pas le temps d'écrire.

Non ? Et pourquoi pas ? Pourquoi quelqu'un n'écrirait-il pas une bonne fois pour toutes le journal de tout le monde ? Ça serait parfait, merveilleux. La plus émouvante des lectures. Ce journal-là, celui de tout le monde, je le cherche partout depuis toujours dans les livres et depuis qu'il y a Internet je le cherche sur Google et dans les annuaires de blogs et je ne l'ai jamais trouvé. Fraudra-t-il donc que je l'écrive ? Gros contrat. Gros défi que j'ai néanmoins envie de relever. Bravement.

pas encore un sondage ?

J'y ai beaucoup réfléchi depuis les quelques semaines que cela me trotte dans la tête et je n'osais pas envisager cela autrement que comme un projet d'écriture trop [flyé] inspiré qui ne verrait pas le jour si je procédais avec [trop] de précipitation. J'ai donc pris mon temps afin d'analyser et d'introspecter (et laissez-moi vous dire en passant que je suis devenue carrément allergique à tout ce qui de près ou de loin se réclame de l'introspection, bon) méticuleusement et parcimonieusement les pour et les contre et les abstentions et les pouvez-vous répéter la question de mon long sondage intérieur en long et en large une fois de plus mon père, ce qui fait que, après toute une interminable période de jours et de nuits passés à réfléchir et à soupeser toutes sortes d'arguments, ma décision fut prise ce matin. Le choix qui n'en est pas un s'est imposé de lui-même.

Dans vingt pages exactement j'écrirai la dernière page du « bien nommé » Love and Writing Project et donc la première page du Journal de tout le monde, une belle suite au Journal de Script, avec Script et Jack et Lady A. et mes deux belles chenilles de grosse fatigue qui me manquent et qui me permettaient d'écrire des entretiens hautement métaphysico-philosophiques sur la question de l'onanisme aseptisé dans le diarisme virtuel, et toute la bande qui vivait dans ce journal, plus ceux qui se sont rajoutés depuis. Ça fait du monde dans la back yard, Sir ? Yes Sir.

Quoi qu'il en soit, je suis très contente de m'être libérée de ce poids en l'écrivant ici et je sens que je vais super bien dormir ce soir.

Reste que Love & Writing ne termine que dans vingt jours. Autant dire une éternité.

Et puis non, cette idée est farfelue, saugrenue et irréalisable. Si j'écris le journal de tout le monde, je vais écrire le mien où ? alors c'est impossible. Va falloir trouver autre chose ma puce.