277. nos amours

salicaire

Je suis sortie marcher dehors et j'ai longé la voie ferrée bordée de longues herbes et de vignes sauvages et de salicaires en songeant à l'insolente fragilité de l'être, à la vie qui fuit et s'enfuit dès qu'on s'imagine pouvoir l'effleurer du bout des doigts. Je finis par comprendre que nos amours vivent et meurent et que je n'y peux rien, personne n'y peut rien non plus. Je recommence à aimer ailleurs et autrement et le coeur me manque à force que c'est bon. C'est trop beau et si imprévisible. J'ai vu la vie et la mort, les chairs et les plaies, les membres amputés, les corps brûlées, paralysées si jeunes dans leur élan vital, et la démence, des gens qui souffrent trop, et en toile de fond. En toile de fond, tout le reste que je ne sais plus nommer. Tout ce qui n'est pas souffrance me rend heureuse. Avec l'idée d'en faire un livre rempli d'images dessinées à l'encre noire. Sur fond bleu doré, illustré avec des salicaires mauves. Si douces. Et longues. Comme ce désir infini de lui, quand j'aime tant naviguer dedans.

La belle salicaire ? Trouvée sur ltswww.epfl.ch. Merci.