271. nocturne

Ouch, je viens juste de me brûler à l'avant-bras en m'installant dehors pour écrire à la lumière des deux petites lanternes. Ça éclaire pas fort, juste pour dire que je devine un peu les touches [noires] et la lueur qui éclaire en vacillant le blanc des lettres et caractères. Dommage que je puisse pas taper sans regarder le clavier de temps en temps, c'est difficile surtout quand il faut mettre les accents et le reste de petits gugusses, les codes et tout. C'est possible de coder le xhtml à l'aveugle ?

Et si je bouge un peu, si je m'asseois pas toute droite, le clavier disparaît et je vois plus rien que cet écran et le ciel immense en toile de fond. C'est fabuleux. Vivre juste pour ressentir ça, c'est bien. C'est la première fois que j'écris dehors dans le presque noir complet. Ça fait un drôle d'effet. Comme dans une grosse coquille. Avec en même temps encore plus l'impression de communiquer avec la planète [en terme d'espace] toute entière, surtout quand un petit bout de lune brillante apparaît et que je vois la forme des gros nuages bleu foncé et gris noir qui bougent. Écrire sur Internet dehors la nuit, c'est génial. Cette lune qui se dissimule. Ma brûlure fait mal, je rentre pour faire couler de l'eau froide dessus. Une chance que j'ai un petit coin pour vivre un peu dehors au frais, parce que dans la maison, qui est toujours fraîche d'habitude, l'humidité s'est installée aujourd'hui et c'est plutôt collant. On dirait que la lune veut rester cachée, comme moi : j'ai installé des rideaux de bambou sur la rembarde du balcon, comme ça les voisins peuvent pas me voir. De gros nuages passent devant et j'ai pas encore vu plus qu'un petit croissant. Serait-ce la pleine lune ? Mes plantes poussent bien. Sauf les grimpantes. Je crois que je me suis fait avoir avec ces plantes ou bien je ne les ai pas mises dans des pots assez gros, parce que la clématite s'étiole et la glycine est bloquée à trois pieds de hauteur et elle a perdu toutes ses fleurs. Par chance, les herbes sont magnifiques, la coriandre et le basilic ont triplé de volume en une semaine et ça sent, ah, ça sent... bon. Y'a vraiment trop de nuages qui bouillonnent autour de la lune cette nuit. Fait pas assez clair pour écrire. Je rentre.