250. groseilles

Le temps n'existe pas. Le temps est magnifique, un vent doux qui ne devrait transporter que douceur et chaleur. Au loin j'entends les Formule I. Il y a des courses ce matin ? Je relis le Journal, je relis les pages avec Jack et les petits fruits rouges, la divine jouissance au creux de mes nuits, le chaud été 2001 avec les groseilles. « J'écris encore l'amour du corps. Je m'écris moi. Avec des petits fruits rouges qui glissent, perdus dans le nombril. Divin le nombril. Il est là et il veut sa part des choses. Il a peine à savoir s'il y est bien calé, il y colle une oreille. Mais là-bas, c'est l'univers, tempête du désert et jungle vierge. Le voilà parti, moi toujours haletante, suppliant pour un dernier fruit rouge. Il met son couvre chef pour ne pas perdre la raison et en chemin il va et il vient dans le fruit de son amour, pour ne pas perdre l'équilibre de ce qu'il veut me faire subir. Nous voilà complices et supplices d'acier trempé. À chaud ? Il me demande si j'ai chaud. Je dis oui. As-tu chaud ? Je dis non, je ne sais pas, je le griffe à ne pas vouloir déranger mon esprit qui n'existe plus. Nous voilà dans de beaux draps. »