239. cinéma

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Repos. Répit. J'avais mis la cassette d'un vieux film que je regardais bien tranquillement quand tout à coup quelque chose m'a tombé dans les oreilles. J'ai tout arrêté, et puis, avance recule, avance recule, j'ai noté :

– Vous m'avez toujours pas dit ce que vous pensez de mon livre ?
– Je suis sûre qu'ils pensent la même chose que moi mais qu'ils n'osent pas le dire.
– Moi, je pense qu'ils sont surtout condescendants.
– Pourquoi condescendants ?
– Parce que vous avez tous les deux couché avec moi.
– Mais... c'est quoi le rapport avec ce qu'on peut penser de ton livre ?
– Je pense que pour le genre d'hommes que vous êtes, il y a toujours une forme de lutte de pouvoir dans l'amour, j'ai souvent entendu Rémi dire qu'il voudrait coucher avec une grande intellectuelle [...] au fond, c'est une volonté de se l'approprier, d'avoir le dessus sur elle, presque physiquement.
– Faut pas exagérer quand même, c'est peut-être juste le désir de partager, d'avoir accès.
– Peut-être. Mais moi, je me méfie toujours de la condescendance des hommes qui m'ont fait jouir, enfin, c'est une femme que j'ai lue qui... Mais je dis ça, peut-être que je me trompe.

Je regardais, et maintenant j'écoute le Déclin de l'Empire américain. Ça me fait réaliser que les films sont faits autant pour être écoutés que regardés. L'image peut voler la vedette aux paroles. Un film qu'on pourrait par exemple présenter à la radio et qui tiendrait les auditeurs en haleine durant une heure et je sais pas combien de minutes et qui diraient c'est bon ça, c'est quoi ? Un film. Ah ?

Tiens, la cassette est terminé. J'ai maintenant envie d'un vieux Pagnol en noir et blanc.