237. mannes::éphémères

Les mannes sont arrivées en ville. C'est fou cette histoire de mannes parce qu'au printemps, surtout si on est proche du fleuve, il y en a tellement partout qu'on peut en manger si on ouvre la bouche. Ça donne plus envie d'aller dehors le soir, plus envie d'ouvrir les fenêtres, rien. Ça dure quelques jours, pas plus, une ou deux semaines ? Je sais plus. Les mannes sont les mouches de choix pour vivre un merveilleux printemps à Montréal. Ellles sont brunes avec des longues ailes très légères, elles sortent en bandes, en grosses bandes, et on peut les voir passer leur temps à faire l'amour en plein ciel, en plein vol. Je n'ai jamais connu leur vrai nom d'insecte et je me demande si elles ne seraient pas tout simplement des éphémères, les fameuses mouches de mai, qui ont présidé à l'ouverture du journal de Script il y a trois ans... Autant aller tout de suite chercher sur Google.

J'ai beaucoup de chance. Et pas mal d'intuition. Quelle modestie. La manne est un éphémère ! Jubilation. Mais personne va me croire. Quoi qu'il en soit, ma trouvaille m'enchante. D'autant plus que j'ai quelques superbes photos d'éphémères dans mes archives, cadeau d'un ami, mais je ne les trouve plus. Il me faudra donc me passer d'image pour aujourd'hui. Et puis j'ai déniché une mine d'informations sur le site de l'Insectarium. Je retiens ce magnifique extrait. Les entomologistes sont des poètes.

L'accouplement des éphémères se passe en vol et souvent en groupe. Chez plusieurs espèces, les mâles forment de grands essaims très denses. Certaines espèces volent dans le sens horizontal et font des allées et venues. D'autres montent et descendent à l'unisson à proximité des cours d'eau. Dans ce dernier cas, les mâles exécutent une danse à la verticale, battant des ailes pour prendre de l'altitude puis se laissant tomber, ailes et appendices caudaux leur servant de parachute. Lorsqu'une femelle se joint à l'essaim, un mâle en vol ascendant la saisit par-dessous avec ses longues pattes antérieures. Les deux insectes tombent alors lentement vers le sol ou la nappe d'eau. Avant que le couple n'arrive au sol et se sépare, un très rapide transfert de semence a lieu. Le mâle retourne ensuite dans la colonne formée par ses congénères.

Rien à ajouter.