234. la vie

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J'ai remarqué que les écrivains qui font superbement l'amour sont beaucoup moins de grands écrivains que ceux qui le font moins bien et dans la peur. Le talent et le génie appellent le viol, ils l'appellent comme ils appellent la mort. Les faux écrivains n'ont pas ces problèmes. Ils sont sains et on peut aller avec eux en toute sécurité. Dans leurs couples d'écrivains, la femme pour parler de leur métier dit : mon mari est un écrivain. Le mari dit : ma femme écrit aussi. Les enfants disent : Mon papa il fait des livres, ma maman aussi quelquefois. [Duras : La vie matérielle]

Il pleut. J'ai relu La vie matérielle. Ce livre qui me surprend tout le temps. Lorsque je lis, c'est comme si cette femme était assise ici et que je l'entendais me parler à moi et à personne d'autre.

Les prochaines semaines vont être chargées, trop. Je vais devoir me battre pour arracher quelques heures de paix pour lire et écrire, pour sortir aussi.

Dormi 15 heures la nuit dernière, de longues heures paisibles. Il pleut. Malgré la pluie, je cuisinerai dehors ce soir : sagamité (ma soupe des Trois Soeurs : maïs, courge et fèves rouges), brochettes de poulet cajun et petits poissons grillés, riz et pain banic, avec les lanternes chinoises et le braséro qui va brûler longtemps, et les amis et tout. Judith va apporter ses tarots amérindiens et John sa guitare. C'est notre fête du printemps et de la vie.