207. sans image

Si vous saviez à quel point j'aimerais faire comme vous dites, si je pouvais respirer et aimer votre printemps tout blanc qui s'installe toujours plus vite chez vous. J'irais marcher bras dessus bras dessous avec vous dans les poiriers en fleurs et dans les pommiers aussi, marcher dans les pommiers, et on mettrait une couverture par terre et on sortirait nos livres et nos cahiers pour écrire un peu, rêver et discuter en regardant les pétales blancs et roses tomber comme la pluie en inondant le bleu du ciel. Vous me feriez admirer vos « primevères dans tous les coins et les pensées comme des aquarelles, les mahonias délicatement parfumés, les giroflées ravenelles dans les murets et ce phlox bleu pâle, toutes ces fleurs dansant dans le vent et la lumière, » votre lumière.

Vous ne pouvez pas savoir combien j'aimerais entrer dans ce jardin pour continuer à écrire toujours. Ma solitude je l'aime et j'en ai besoin, je ne veux plus aimer comme j'aimais avant, comme il me demandait d'aimer, ça ne marche pas. Dorénavant j'aime à ma manière, selons mes désirs, je travaille beaucoup et j'ai un nouveau manuscrit en chantier, je commence à peine et c'est jamais facile les premières pages.

Et puis il y a toujours ce livre à finir, les dernières pages du « Lexique » sont les plus longues, interminables et les « Lettres à Erika » aussi qui sont tout à la fin, c'est long de relire et de corriger, je veux le faire bien et ça prend du temps. Alors c'est long, c'est pour ça que c'est long.