205. s.o.s. grand ménage

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07:12 AM : Aujourd'hui il fait beau pour le moment mais la pluie est pas loin dixit miss meteo. J'ai donc ouvert toutes les fenêtres pour aérer la maison, c'est jour de grand ménage.

07:48 AM : Alors je me suis donné congé de journal pour la journée. Ça sonne bizarre journal pour la journée... Pour changer, je vais bloguer [ou essayer, grrr], je dis bloguer comme dans écrire un blog à ma façon : poster quelques lignes pour donner des nouvelles brèves.

08:22 AM : Et les liens vers la blogosphère ? Pas le temps, trop égoscriptocentrée pour ça, j'oublie même les dates d'anniversaire de mes amis, je suis un cas désespéré pour ce genre de choses mondaines ou sociales de la vie que tout le monde maîtrise et pas moi. Enfin je sais plus.

09:11 AM : Structurer toute une page de journal ça prend du temps et j'ai pas le temps ce matin. Mais je veux être là, mettre des mots sur cette journée en même temps qu'elle s'écoule. J'ai presque fini de laver la vaisselle de toute la semaine en écoutant Leonard Cohen, reste plus que les ustensiles et la cocotte en argile qui sent encore l'agneau parce que je l'ai pas nettoyée tout de suite.

09:35 AM : Et je ferai aussi encore un peu de ménage dans ce journal : pas fini de classer les pages dans leurs catégories ou thèmes respectifs. Ça craint comme disent si joliment mes cousins. Que de travail, que de travail en perspective.

10:02 AM : Et puis j'ai aussi du ménage à faire dans mes emails. Du courrier en retard. Et le Lexique avance pas vite. Bon, un peu de sérieux. Au travail Sir ? Yes Sir ! Et à plus tard pour la suite.


J'en ai terminé avec le nettoyage de la maison. J'ai pris soin du chat. Pris le temps d'aller faire mes courses pour les fruits, le fromage, et le pain, j'ai aussi pris des endives et des asperges, des pattes de crabe, du poulet et du vin rouge et aussi quelques livres chez le libraire. Il n'y a plus une seule bouteille de vin de prune japonais à la SAQ. C'est une conspiration, ou quoi ? Je vais boire quoi, moi, avec mes chips Miss Vikies ? Ainsi donc je redeviens libre comme l'air pour écrire un peu. Un petit coup sur ce blog occasionnel et une page cachée avant de me préparer pour le concert de ce soir.

Livres ouverts depuis quelques jours et que je traînerai encore partout durant la prochaine semaine : Chroniques algériennes, Mémoire du mal, tentation du bien, L'écriture comme un couteau, Le marin de Gibraltar, La vie matérielle, les Lettres persanes et La montagne de l'âme. Sans oublier que je grignote toujours un peu dans L'autobiographie de tout le monde.

Tiens, recopier quelques passages de G.S. me ferait le plus grand bien, à cette heure-ci :

     Les Stein s'appelaient Stein du temps de Napoléon avant ça n'importe quel nom faisait l'affaire mais à l'époque de Napoléon et dans tous les pays qu'il traversait il a été décidé que le nom de chacun devrait être écrit et alors les gens ont pris le nom qu'on leur donnait et Stein était un nom commode. Par la suite quand on donnait un nom à n'importe qui d'entre nous on le faisait en souvenir de quelqu'un qui était déjà mort, après tout s'ils sont vivants leur nom leur appartient si bien que n'importe qui peut porter le nom d'un mort, c'est ainsi qu'il y avait une grand-mère qui était morte et son nom qui n'était pas un nom facile commençait pas un G aussi ma mère a-t-elle préféré que ce soit un nom facile et c'est pourquoi ils m'ont appelée Gertrude Stein. Bon, c'est mon nom.
      L'identité ça me tracasse toujours et aussi le souvenir et l'éternité.
     J'ai lu un poème de George Elliot quand j'étais très jeune je me rappelle rarement un poème mais il m'est resté ceci : Puissé-je me mêler au choeur invisible de ces morts immortels qui vivent à nouveau. Eh bien je ne faisais pas exprès mais comme n'importe qui j'étais au courant.
     Dans mon bain ce matin je tambourinais contre la paroi de la baignoire, j'aime m'attarder dans l'eau d'une baignoire, et je me suis retrouvée en train de rythmer la marche funèbre de Chopin j'aurais pu m'arrêter mais j'ai continué parce qu'on avait coutume de la jouer sur la Golden Gate Avenue à San Francisco et j'étais en train de me poser des questions sur l'identité et le souvenir et l'éternité, et je ne m'en pose pas maintenant mais enfin si les étoiles sont des soleils et si la terre est la terre et qu'il n'y a d'hommes que sur cette terre et que n'importe quoi puisse mettre un terme à n'importe quoi et que n'importe quel chien fasse tout de la même façon que n'importe qui quelle différence y a-t-il entre l'éternité et n'importe quoi. Comme je le disais il y avait un Dieu mais on ne parlait pas de l'éternité. Tout est de la superstition et l'on a bien raison d'être superstitieux. Parce qu'il est certain que la superstition signifie que ce qui a été continue à être. Je crois et j'ai toujours eu raison de croire en toute superstition.
     Ça ne m'a pas beaucoup aidée quand j'étais jeune mais ça m'aide davantage maintenant. Aujourd'hui la superstition a beaucoup plus de réalité qu'alors. Il y a pourtant une chose qui n'a jamais changé et c'est que si vous commencez à extérioriser ce que vous avez en vous, vous devez continuer sinon tout s'en trouvera changé.