203. la muse

Voilà que je recommence à rêver tous les jours au grand amour, « bel assassin du Montréal matin », que je voyage toutes les nuits à sa rencontre par les rues de la ville allumée de brume. Je prends le train, je roule jusqu'au bout du monde. Et vous êtes là.

Je lis Aragon chante Elsa. Elle rêve la nuit. Elle vit le jour. Elle dit comme vous je n'ai pas assez de temps à consacrer à l'important : lire, écrire, vous lire et vous écrire. Elle dit qu'elle ira dans toutes les gares, prendra chacun des trains pour un voyage en forme d'étoile de mer. Avec vous.

« Suffit-il donc que tu paraisses / De l'air qui te fait rattachant / Tes cheveux ce geste touchant / Que je renaisse et reconnaisse / Un monde habité par le chant / Elsa mon amour ma jeunesse »

Je me réveile avant l'aube et j'assiste au lever de la lumière caressante au pied du lit. Vous êtes là. Elle dit ferme les yeux, écoute la chanson d'Elsa.

« O forte et douce comme un vin / Pareille au soleil des fenêtres / Tu me rends la caresse d'être / Tu me rends la soif et la faim / De vivre encore et de connaître / Notre histoire jusqu'à la fin »